La règle d’or du traducteur

En conformité avec le procédé imposé par le Centre de Traduction de l’Union Européenne à ses traducteurs, la seule langue cible pour un traducteur doit être sa propre langue maternelle. Pourtant, tout le monde ne respecte pas cette règle.

Un bon traducteur doit disposer de plusieurs compétences :

  • Excellente maîtrise de sa propre langue maternelle
  • Une connaissance très ponctuelle de la langue source
  • Connaissances thématiques dans les domaines de traduction choisis
  • Aptitude à rechercher informations et terminologies

Ses engagements :

  • Traduire seulement vers sa propre langue maternelle
  • Garantir la vérification par un autre traducteur de la même langue maternelle

Pourquoi ? Avant tout, il faut faire référence à la définition de certains mots (Dictionnaire Larousse) :

  • Traducteur : Personne qui traduit, transpose un texte, un discours d'une langue dans une autre
  • Traduire : Transposer un discours, un texte, l'exprimer dans une langue différente.
  • Transposer : Placer réellement ou par l'imagination quelque chose dans d'autres conditions, dans un autre contexte

Il s’agit donc de transposer une langue dans une autre, une opération qui nécessite des compétences spécifiques.

Très intéressante est la définition du mot « traduction » offerte par Wikipedia :

« La traduction (dans son acception principale de traduction interlinguale) est le fait de faire passer un texte rédigé dans une langue (« langue source », ou « langue de départ ») à un texte rédigé dans une autre langue (« langue cible », ou « langue d'arrivée »). Elle met en relation au moins deux langues et deux cultures et parfois deux époques. […] Traduire implique maîtriser la langue source mais aussi la langue cible (ou destinataire), qui est généralement la langue maternelle. Le bon traducteur possède plus que des compétences linguistiques : il a quelque chose de l'écrivain, de l'analyste voire du journaliste, etc. Pour traduire la littérature scientifique et techniques, il doit parfois aussi posséder de solides compétences techniques et maîtriser les jargons techniques dans les deux langues. »

Cette description est très claire et bien explicite, surtout parce qu’elle met bien en évidence l’importance d’un parcours d’étude dans sa propre langue maternelle qui donne un grand espace à l’écriture. « […] écrire n’est jamais bien loin de traduire. Non seulement l’écriture vient de la traduction, mais elle ne cesse d’y retourner. » (Antoine Berman : De la translation à la traduction - 1988).

L’importance de la maîtrise de la langue maternelle et des connaissances thématiques est bien soulignée par le Centre de traduction des organes de l’Union Européenne : « Comprendre la terminologie, c’est-à-dire le vocabulaire spécialisé que l’on utilise dans un domaine spécifique, constitue l’élément clé de la communication. On a beau essayer de s’exprimer simplement, il n’en demeure pas moins que dans certaines situations, l’usage d’un terme technique exact s’impose. Cette constatation se vérifie particulièrement, et représente d’ailleurs un défi, dans le cas de la traduction : en effet, il ne suffit pas de comprendre un texte, il convient également de reproduire sa signification intrinsèque le plus fidèlement possible dans une autre langue. »

« Pour devenir traducteur, vous devez maîtriser parfaitement votre langue principale, qui est généralement votre langue maternelle, afin de pouvoir restituer tous les registres et subtilités possibles du texte original. » : il s’agit de la recommandation du Comité interinstitutionnel de la traduction et de l’interprétation de l’Union Européenne.

Il est important de faire référence aux centres de traduction de l’Union Européenne, l’institution nécessitant le plus grand nombre de traducteurs. Il faut se rappeler que le Parlement, la Commission Européenne, le Conseil de l’Europe, la Cour de Justice et toutes les autres institutions qui y sont rattachées ont la nécessité de pouvoir disposer chaque jour de traductions multilingues, compte tenu du fait que les langues officielles de l’Union sont 24.

Par ailleurs, le Centre de traduction de l’Union met en évidence une autre caractéristique très importante d’un travail de traduction de qualité : la vérification de la traduction.
« Les traductions internes font l’objet d’une vérification croisée par un traducteur possédant la même langue maternelle. Toutes les traductions externes sont révisées par des traducteurs internes. »

La vérification est très importante pour garantir une excellente traduction et la restitution fidèle dans la forme et dans l’esprit du texte source.